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Iran/AIEA : Les inspecteurs ne sont pas en mesure de vérifier le respect de l'accord nucléaire

Le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a reconnu qu’il n'est pas en mesure de vérifier le respect de l'accord nucléaire de 2015 par l'Iran, à moins de deux semaines de la date butoir de certification des États-Unis.

Yukiya Amano a déclaré que l'AIEA n'a tout simplement pas les moyens de vérifier que le régime iranien n’est pas engagé pas dans des activités nucléaires qui sont interdites en vertu de la section T de l'Annexe I de l'accord nucléaire, concernant notamment les simulations informatiques d'explosions nucléaires et la conception d’engins explosifs multipoints.

Il a déclaré : « Dans d'autres sections, par exemple, l'Iran s'est engagée à présenter des déclarations, à placer ses activités sous garanties ou à nous en assurer l’accès. Mais dans la section T, je n'en retrouve aucun (engagement pareil). »

Cette révélation, qui n'a rien de choquant pour ceux qui ont suivi de près les informations au sujet de l'accord, fournira probablement à Washington une raison d’attester le 15 octobre au non-respect par Téhéran de l'accord nucléaire.

La loi Corker-Cardin, qui lie les États Unis à l'accord, exige que le président soit convaincu du fait que « l'Iran est transparente, contrôlable et met pleinement en œuvre l'accord ». Si l'AIEA ne peut pas vérifier la conformité de l'Iran avec la section T, Trump ne peut pas attester que l'Iran « met pleinement en œuvre l'accord ».

La section T est essentielle à l'accord nucléaire (Plan Global d'Action Conjoint ou JCPOA), selon David Albright, ancien inspecteur nucléaire et chef de l'Institut pour la science et la sécurité internationale, et Olli Heinonen, ancien directeur général adjoint de l'AIEA, dans un article publié en août.

En vertu de la section T, l'AIEA peut (et devrait) exiger l'accès aux sites militaires sur lesquels l'Iran a probablement effectué ses recherches sur les armes nucléaires, même indépendamment du soupçon selon lequel l'Iran viole l'accord. Comment pouvez-vous vérifier la conformité si vous accordez aux mollahs le temps d’effacer toutes les preuves ?

Albright et Heinonen ont écrit que le respect des termes de la section T « signifie qu’il faut vérifier si les activités et les équipements autorisés ne sont pas mal utilisés, tel qu'on le retrouve couramment dans de nombreux aspects des garanties de l'AIEA sur les sites nucléaires déclarés ».

Début septembre, Amano avait été attaqué par un haut responsable iranien pour avoir affirmé que l'AIEA pourrait exiger l'accès aux sites militaires. Ali Akbar Velayati a déclaré qu'Amano « a inventé » ce droit !